J’avais aussi pensé à « le poids des mots le choc des photos » mais il paraît que ça a déjà été fait. En plus, tout commentaire est inutile. J’ajoute simplement un lieu et une date: Bretagne nord, 19 mars 2011. Qui a dit qu’il ne fait jamais beau en Bretagne?

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Défi personnel (procrastination #2)

Publié: 1 novembre 2010 dans Irlande

Un blog sur l’Irlande sans aucun post sur la crise, c’est peu de dire qu’il manque quelque chose. Et pourtant, je suis forcée de constater que je n’ai pas écris les mots « crise » et « récession » une seule fois. La plupart des raisons sont exposées dans l’article « Procrastination #1 », mais pour être franche c’est surtout que, d’une part, la crise, en anglais ou en français, ça me fatigue d’autre part je suis dotée d’un esprit particulièrement hermétique à l’économie et tout ce qui implique les chiffres de manière générale. Au risque de passer pour une profonde idiote, je dois avouer que la lecture -quasi forcée- d’Alternatives économiques n’a pas franchement amélioré la situation. Ceci dit, quelque chose ne doit pas tourner rond chez moi. Non seulement j’ai quelques difficultés avec les spread, mark-to-market, normes IFRS, marché de gré à gré, et autres SIV (dites-moi que vous vous demandez de quoi je parle!) mais en plus, je suis pas très futée. Bah oui parce que quand on sait qu’en Irlande le taux de chômage est d’environ 15%  soit revenu au même niveau que lors des « glorieuses » années 1990, que la moitié des chantiers du pays sont arrêtés faute d’argent, faut quand même pas être très maline pour se lever un matin et se dire « tiens et si j’allais jouer à l’au pair chez un plombier irlandais? ». Vous l’aurez compris, ce qui devait arriver arriva: Basile est SDF. Ou presque. Désormais je ne bosse plus que 2 jours et demi par semaine, à mi temps (et mi salaire tant qu’à faire) entre ma maison et celle de la belle soeur du plombier. Alors oui, vous avez parfaitement le droit de dire que je ne sais pas ce que je veux et franchement je n’aurais jamais penser dire ça un jour mais… JE VEUX CHANGER DES COUCHES, JE VEUX DES MÔMES CHIANTS ET BRAILLARDS, JE VEUX NETTOYER LES SPAGHETTI ECRASES SUR LE CANAPE. en bref, si je n’étais pas une lady je dirais que je m’emmerde. Je sais il existe tout un tas de jolis mots tels que s’embêter, s’ennuyer, emmouscaillement (si si ça existe!) mais ils ne sont pas assez forts. Dire qu’on s’emmerde c’est tout de suite plus explicite.                                                                                                                                                       Voilà, en ce qui me concerne j’ai relevé le défi de parler de la crise (j’ai même donné le taux de chômage ouahou) et si ça vous suffit pas allez donc lire « Alternatives économiques poche, La crise nouvelle édition revue et augmentée », et vous en aurez assez pour une dizaine d’années. Au bas mot.

Cyclotourisme: l’odieux complot

Publié: 29 octobre 2010 dans Irlande

Le Larousse l’affirme, le cyclotourisme est « un tourisme pratiqué à bicyclette ou en tandem ». Ouais. Information omise par ignorance ou pur sadisme, il y a quand même un léger détail que le dico ne dit pas: le cyclotourisme, ça fait mal aux fesses. Vous l’aurez compris, je suis récement -mais pas trop- allée faire un tour à vélo. Il y a de cela environ trois semaines, je me la suis jouée grosse bobo citadine en quête de sensations fortes et de nature. (En fait je suis une grosse bobo depuis juin, date à laquelle le Guide du Routard est devenu mon livre de chevet mais passons). Tomber nez à nez avec un grizli affamé, une randonnée dans la jungle Colombienne ou gravir l’Evrest sans assistance respiratoire, laissez-moi vous dire que à côté de ce que j’ai vécu, c’est du pipi de chat, de la gnognotte. Car oui, nul besoin d’aller au bout du monde pour vivre des situations extrêmes, prendre l’avion en Irlande suffit largement. Je ne sais pas au juste à quoi je m’attendais, mais certainnement pas à me faire peser  avant de monter dans un avion télécommandé! (à la décharge de Aer Aran, j’ai un gabarit qui en impressionnerait plus d’un: 1m59 pour 47kg toute mouillée, je suis ce qu’on appelle une personne imposante). Telle Mermoz et Monod réunis, je me sentais l’âme d’un héros. J’ai cependant connu une période de doute où j’ai pris conscience que si l’âme ne fait pas tout, un derrière solide et bien rembouré par une vie entière d’Irish Breakfast peut parfois s’avérer plus utile. Les Iles d’Aran -Inismore en tous cas- ne sont pas exactement ce que d’aucun aurait appelé un « plat pays » et quand la selle du vélo est aussi dure que de la pierre autant vous dire que le paysage a plutôt intérêt à valloir le coup. Alors moi le Routard et ses petites routes tranquilles je le retiens, c’est sûr que s’il demande à Lance Armstrong de faire les repérages, c’est pas très fair play! Pour ceux que mes petites douleurs gonflent profondément (sans coeur va!) et qui se demandent si les Iles valent le coup je leurs répond ceci:  foncez, avec votre propre selle mais foncez. Je ne regrette en rien d’avoir passé trois jours à prendre mon courage à deux mains avant de m’assoir sur mon lit unechaiseattrocementdureconçueparun designerparticulièrementsadique .

N.B à celui qui écrira immanquablement « petite choute » dans les commentaires: ma quête sera désormais de le trouver et de l’abattre. (étant donné la foule des grands jours se pressant sur le blog, la chasse devrait être assez rapide)

Procrastination #1

Publié: 28 octobre 2010 dans Irlande

Vous avez vu? Un mot savant! PRO-CRA-STI-NA-TION. Bon j’arrête de faire ma maline parce que y’a vraiment pas de quoi… En gros j’aurais dû poster l’article sur les Iles d’Aran et mon popotin (teasing de malade!) il y a environ trois ans donc maintenant je suis dans la panade étant donné que ce n’est pas parce que je ne poste pas que je ne pars pas en week end. Si vous suivez bien, ça veut dire d’autres posts à rédiger et si ça continue je serai rentrée avant d’avoir tout raconté! Mais c’est pas ma faute hein! Ici il y a toujours un mome proche de l’amputation, faut quand même que je bosse -vous avez vu papamaman?!- et puis il y a les nouveaux épisodes de Dr House et Desperate Housewives que je ne peux décemment pas manquer.  Ca fait 3 jours que cette note devrait être en ligne…

Le 21 novembre 1920, sur la pelouse du stade de Croke Park, Michael Hogan, capitaine de l’équipe de Tipperary, s’écroulait le corps criblé de balles britanniques. C’était quelques mois après le début de la guerre d’Indépendance, l’époque où l’Irlande connaissait presque tous les jours l’assassinat d’un policier ou l’exécution de militants. Mais jamais encore la violence n’était allée aussi loin que ce dimanche de novembre. Ce jour là, Michael Hogan devenait le martyr de toute une nation et Croke Park le temple de la résistance irlandaise.

En Irlande,  parler de sport n’est jamais complètement anodin. Parler de sport c’est aussi faire de la politique. Certes lors du Tournoi des Six Nation les Irlandais soutiennent leur équipe nationale comme un seul homme. Certes la semaine passée le pays entier rendait homage à la légende diqparue du rugby, Moss Keane. Pourtant le rugby, comme le football, sont loin d’être les sports favoris, ce sont les sports de l’ennemi anglais, raison pour laquelle la GAA (Gaelic Athletic Association), l’organisation qui gère Croke Park et les sports gaéliques les a banni de l’enceinte du stade (mis à part une parenthèse de trois ans, entre 2007 et 2010, où suite à la rénovation du stade résident des équipes d’Irlande de Football et de Rugby à XV, la GAA a laborieusement accepté d’ouvrir ses frontières.) Ici, on ne mélange pas les genres et l’on exhibe sa carte de licencié comme on exhibe sa carte du parti. Ici il y a les « GAA family » et les autres. Autant dire que les autres sont sous représentés: sur 5millions d’habitants, la GAA compte près d’1million de licenciés et la Fédération d’Irlande de Rugby à peine 90000, un peu plus pour le football. Pour dire la vérité, tout cela va un peu plus loin qu’une guéguerre de stade et de chiffres. Jusque dans les années 1990 il était très difficile de pratiquer de front, sports gaéliques et rugby. Dans une interview, Fergus Slattery, ancien capitaine du XV d’Irlande, déclarait même « Il y a quelques années il était interdit de pratiquer le  rugby et le football sans riquer son exclusion des sports gaéliques. J’ai joué au football gaélique, mais en cachette. Je n’aurais pas pu y jouer à l’extérieur étant catalogué rugbyman. Mais il faut être Irlandais pour comprendre ça. » Pour beaucoup, les sports gaéliques sont l’une des composante de l’identité irlandaise, l’un des éléments soudant la communauté. Dans les vestières de Croke Park, outre les maillots des différentes provinces, sont accrochés de chaque côté de la porte, ceux des « provinces de New York et de Londres ».

Ironie du sport et de l’histoire, ou peut-être suis-je trop limitée, je m’avère incapable de décrire le Hurling et le Football gaélique sans évoquer le rugby et le football…oups. Le Hurling est une sorte de Hockey sur gazon en version aérienne et qui s’ennorgueillit d’être le jeu de balle le plus rapide du monde. Quant au football gaélique, on y joue avec un ballon rond au pied ou à la main (franchement, pourquoi toutes ces réactions après le but de la main d’un certain T.H?). Les deux jeux ont des buts assez… particuliers: ils sont composés de poteaux de rugby avec une cage de football en dessous. Autre particularité, les héros du week end sont enseignants, serveurs, étudiants au cours de la semaine. Pas de prime de match et encore moins de salaire. Tranferts et Mercato sont quant à eux des mots -maux?-  d’une autre planète: Tampis si les coéquipiers sont des bras cassés, trop bien élevés ou caïdes de banlieue (ah bon, ça vous dit quelque chose?)  les joueurs jouent toute leur carrière pour la province où ils sont nés. Pas sûr que ce soit complètement top pour les relations géniteurs-petit prodige, mais aucun paricide n’a -encore- été recensé.

Football gaélique ou hurling, une chose est sûre: que l’on soit Irlandais ou non, que l’on aime ou non le sport, il émane de Croke Park une atmosphère unique, liée d’une manière ou d’une autre à la place qu’occupe la GAA dans le coeur des Irlandais.

Sport national : jour de grève

Publié: 12 octobre 2010 dans Irlande

Le ministère de la santé recommande de pratiquer une activité physique régulière. Qui suis-je pour ne pas observer les recommandations venues d’en haut? Si en outre vous tenez un minimum à ce que je conserve le peu d’équilibre psychologique qu’il me reste, accordez-moi deux minutes pour m’adonner à notre sport favori et me défouler. Bref, par pitié, LAISSEZ-MOI RÂLER! En france, la râlerie est un sport d’équipe, le truc c’est qu’ici, en Irlande je me sens un peu seule. Voyez-vous, l’irlandais semble souffrir d’un mal étrange: une absolue incapacité à râler. La rentrée est un lundi mais le ramassage scolaire ne débute que le jeudi suivant? Pas grave, on va ameuter toute la famille du grand-parent au cousin au 4° degré et on va trouver une solution! Eircom met trois jours à remplacer un câble arraché par un chauffeur ivre mort et son tracteur, privant un quartier entier du saint téléphone et du dieu internet? No panique, on commence gentilment à se poser des questions sur l’efficacité du travail au bout de deux jours et demi (Ok, le commentaire sur l’alcoolémie n’est que supputation mais avouez que le plaisir que la râlerie procure est nettement diminué si l’on exagère pas de temps à autre…). Et franchement, je sais que l’économie irlandaise n’est pas au meilleure de sa forme mais serait-ce mener le pays à la ruine que d’indiquer le nom des rues? En parlant d’économie, j’ai dit que l’irlandais est dénué de toute aptitude à exprimer son mécontentement. Plus tout à fait exact. Depuis quelques mois, les scientifiques observent un phénomène  étrange: le virus de la crise financière aurait provoqué  une mutation génétique. On a observé chez certains sujets la guérison accélérée du gène attrophié de la râlerie, les poussant  à défoncer le portail du Parlement à grand renfort de pelleteuse. Ils n’en sont pas encore à l’étape de la manif, certes, mais c’est un début prometteur. Voilà, j’ai râlé, je suis contente. La prochaine fois promis je parlerai vraiment de sport mais aujourd’hui c’était manif!

Sieste sacrée, sacrée sieste

Publié: 22 août 2010 dans Irlande

Aujourd’hui j’ai décidé de faire couleur locale et d’expier mes fautes. Car oui j’ai fauté, pas seulement d’orthographe. J’ai manqué à ma parole d’écrire plus souvent. Mais soyez indulgents, je l’ai fait pour vous. Tel le critique gastronomique le plus téméraire, je ne recule devant rien. Pas même devant les épreuves les plus difficiles. Ma conscience professionnelle ne connaissant donc pas de limites, j’ai, pour toi public (il ne faut jamais renoncer à citer les grands auteurs) testé le sujet du jour. La sieste.

Chers lecteurs, pardonnez-moi si je vous égare mais flairant quelques commentaires désobligeants, je me dois de faire un aveux: j’exècre le beurre. Je tiens le beurre en horreur certes mais des études menées par facebook d’éminents chercheurs ont attestées à plusieurs reprises de ma bretonnité. Il y a deux mois je suis arrivée chez mes cousins irlandais vaillamment persuadée de notre culture commune. Mon aplomb, qui avait déjà une fâcheuse tendance à se racornir, en a pris un sacré coup. Vous pensiez le romain bêta et Astérix résistant « encore et toujours à l’envahisseur »? Eh bien Astérix a déménagé chez Mc Do laissant le latin s’introduire sournoisement dans sa celtitude. Oui camarades bretons adeptes du sommeil diurne, vous avez cédé à une pratique profondément latine!

Voilà, je suis enfin (et laborieusement) arrivée au cœur du sujet. Une nouvelle fois, je vous prierais de me croire sur parole. Je ne pensais pas briser une famille en faisant faire la sieste à une enfant de 2 ans. Bon, « briser une famille » est peu être légèrement exagéré. Il faut dire que depuis que je suis consciente d’être autant celte que latine, mon « côté marseillais » est nettement moins timide. Bref. La famille est encore intact mais les discussions vont bon train. Surtout du côté des grands-mères. Certes je n’ai que 22, certes elles ont chacune élevé quatre enfants et je devrais me taire.  Il me semble cependant que lorsqu’une petite fille de 2 ans se lève tous les matins avec sa mère à 7h30, est mise au lit à 22h elle a bien le droit à une sieste! Particulièrement quand vers midi sa seule façon de s’exprimer devient les pleurs et taper sur ses frères et soeurs. (ceci dit, on sera quelques uns à ne pas trop la blâmer pour le deuxième mode… pardon Me!)  J’ose à peine imaginer ce que ces dames diraient si elles savaient que quelque part en Italie, une petite fille de 5 ans dort encore tous les après-midi. Je dirais simplement qu’un bon petit sommeil latin, c’est pas complètement désagréable! Si?